Art & Culture

Mawazine 2013. Rabat prépare sa douzième secousse acoustique. Comme chaque année Mawazine revient avec du lourd. De Rihanna à Sherine en passant par Tamer Hosny The Jacksons, David Guetta,Deep Purple, Jessie J, Mika, Sexion d’Assaut, Loreen, Enrique Iglesias ou encore Taio Cruz , l’édition 2013 du plus gros festival du royaume remet sur les rails ses 7 wagons de scènes et son cortège de concerts, sans oublier la pointe de polémique qui accompagne désormais chaque année l’un des plus gros événements culturel du pays. Ce vendredi, dès 17h, les spectacles de rue composés d’artistes, musiciens, danseurs et acrobates sillonneront le centre ville pour célébrer neuf jours gorgés de musique alors qu’un peu plus tard Abdeslam Sefiani, un des maîtres de la musique andalouse et le luthiste Abdelwahed Tetouani lèveront le rideau, Salle de la Renaissance, sur le premier concert. Première rencontre du festival, Salwan, Jil Ghiwane et Siham Aziz emmèneront les spectateurs de la scène Sale sur les traces du mythique Nass El Ghiwane. Sur la scène du Bouregreg, c’est tout un continent, l’Afrique, qui sera célébré durant neuf jours. Les Tambours de Brazza donneront le coup d’envoi. Le Libanais Walid Toufic et la sulfureuse Rihanna seront les premières affiches des deux grosses scènes du festival que sont Nahda et Soussi. Comme chaque année le festival connaît sa polémique avec la question récurrente de l’utilité et du financement du festival. Critiqué par des organisateurs d’autres festivals marocains qui lui reprochent de leur faire de l’ombre, Mawazine est aussi perçu par une partie de l’opinion publique comme un énorme gaspillage. Aziz Daki, directeur artistique a ainsi défendu « l’inestimable vitrine culturel » de l’événement, expliquant que le modèle économique du festival ne reposait sur aucune subvention économique, espérant ainsi répondre à ceux qui perçoivent le festival comme dilapidant l’argent du contribuable. Pour la seconde fois cette année, Mawazine n’aura aucun sponsor public ou semi-publics, comme l’explique Hicham Chebihi. Seuls les sponsors privés et les revenus variables alimenteraient le budget. Mawazine se défend ainsi d’être un des très rares festivals au monde à ne percevoir aucun argent public.

Accident Mawazine 2009. Des familles attendent toujours une indemnisation. Plusieurs familles de victimes de la bousculade qui a endeuillé la scène de Nahda lors du festival Mawazine en 2009, attendent encore la concrétisation des promesses des autorités. Quatre ans après la tragédie , certains dossiers n'ont toujours pas été traités. Oussama Karam, un des blessés, se souvient encore des détails. Il n'avait que 14 ans lorsqu'il assisté à la mort de l'une des victimes, tombée avec lui dans "la fosse". Il s'est trouvé coincé dans un petit espace au moment où une barrière métallique a cédé. "Nous avons été piétinés par les gens qui se bousculaient pour tenter d'échapper à une mort certaine". Karam, dont le pied gauche parait aujourd'hui plus maigre que le droit, poursuit: "les ambulances n'étaient pas en nombre suffisant, chacune a dû transporter huit victimes, mélangeant les fracturés, les personnes qui suffoquaient et les corps des morts sur place". Le jeune homme ne va plus à l'école depuis ce temps. Certains blessés ont déclaré n'avoir reçu à ce jour aucune compensation de l'Etat ni des responsables du festival. Les autorités locales avaient pourtant promis des dédommagements notamment pour les familles des personnes décédées. Certaines affirment avoir pris en charge elles-mêmes les frais d’inhumation. Selon ces familles, les principales raisons de cette tragédie seraient un éclairage défaillant et la présence d'un fossé passé inaperçu pour la plupart des personnes présentes. À l'époque le wali de la région, Hassan Amrani, avait nié que l'accident aurait pu être causé par des défaillances au niveau de l'organisation ou de la sécurité De son coté, Zhor Merrioui, mère de l’un des blessés et coordonnatrice de l'association "Victimes de Mawazine 2009", affirme que les familles des blessés sont toujours en attente de la réparation des dommages causés. Elle martèle que devant le silence des autorités locales, les familles des victimes iront frapper à toutes les portes des associations de défense des droits de l'Homme et saisir la justice. Zhor Merrioui a également indiqué que les familles de certains décédés ont pourtant reçu des indemnisations financières importantes. (Lakome)

Musique. Georges Moustaki, le "pâtre grec" de la chanson française, est mort. Juif errant", "pâtre grec" et séducteur au charme oriental, Georges Moustaki, l'éternel voyageur de la chanson française, est décédé jeudi à 79 ans, suscitant une vive émotion dans le monde de la culture. Moustaki , qui souffrait d'emphysème, une maladie respiratoire incurable qui l'empêchait de chanter depuis plusieurs années, est mort à Nice, dans le sud de la France. "Il était serein", a simplement indiqué son entourage, précisant que sa dépouille allait être rapatriée à Paris. Cheveux longs et barbe broussailleuse, regard bleu étincelant, nonchalance bohème: avec sa "gueule" de "métèque", l'un de ses titres culte, Georges Moustaki a écrit plus de 300 chansons pour les plus grand interprètes français comme Edith Piaf, Yves Montand, Barbara ou Serge Reggiani. En février dernier, sous oxygénation artificielle, il avait confié dans une ultime interview au journal Nice Matin, s'être installé à Nice pour fuir la pollution et le froid de Paris, où il vivait depuis plus de 40 ans. "Je regrette de ne pas chanter dans ma salle de bains. Chanter en public, non. J'ai fait le tour. Le tour du monde et le tour des salles, petites ou grandes. J'ai vécu des choses magiques. J'ai appris que ce qu'on croit avoir acquis n'est qu'une partie infime de ce qu'il reste à découvrir", avait-il dit, ajoutant qu'il "notait encore quelques idées. Sans hâte". "Je veux écrire et peindre. Consacrer mon temps à ce qui me fait plaisir, comme je l'ai toujours fait", ajoutait-il. Georges Moustaki, de son vrai nom Giuseppe Mustacchi, était né le 3 mai 1934 à Alexandrie, de parents juifs grecs immigrés en Egypte. Installé à Paris en 1951, il y avait rencontré Georges Brassens, dont il avait adopté le prénom en hommage. "Le Métèque", traduit dans une douzaine de langues, l'avait révélé comme interprète en 1969. Mais il officiait depuis plus de dix ans comme auteur-compositeur. En 1959, il avait signé les paroles de "Milord" pour Edith Piaf, rencontrée l'année précédente et avec qui il avait une liaison. "Celui qui se dit séducteur se trompe. Ce sont les femmes qui décident de se laisser séduire", aimait-il à dire.

Cinéma. Tournage à Marrakech d'un long métrage germano-autrichien. Plusieurs séquences d'un long métrage intitulé "Die Mamba" (Mamba est mort), une production germano-autrichienne, ont été tournées mercredi soir et jeudi, dans certains espaces de l'aéroport international Marrakech-Ménara. Le tournage de ces scènes s'est déroulé dans différents coins de cette structure. Les autres scènes ont été filmées dans la Médina de Marrakech ainsi que dans d'autres espaces de la ville de Ouarzazate. Le tournage de ce film au Royaume a été réalisé par la société marocaine de production cinématographique "Kasbah Films" et ce, pour le compte de la société autrichienne de production "E & A Film GMBH", avec la participation d'une équipe de production composée de quelque 40 Marocains et étrangers. Réalisé par le metteur en scène allemand d'origine iranienne, Ali Samadi Ahadi, "Die Mamba" est un film comique. A rappeler que l'aéroport international de Marrakech-Menara, classé récemment parmi les plus beaux aéroports du monde, ne cesse de susciter l'intérêt de cinéastes marocains et étrangers, motivé par la singularité de cet espace en termes d'architecture alliant à la fois modernité et tradition. (MAP)