International

Italie-Maroc. Affaire de prostitution de la marocaine Ruby, six ans de prison requis contre Berlusconi. La procureure de la Cour de Milan, Ilda Boccassini, a requis six ans de prison et une interdiction à vie d’exercer toute fonction publique contre Silvio Berlusconi, communique El Mundo. Ce dernier est accusé d’abus de pouvoir et de relation tarifée avec la Marocaine Karima El Mahroug, plus connue sous le nom de Ruby, alors âgée de 17 ans au moment des faits. L’ex premier ministre avait fait pression sur le chef de police milanaise pour faire libérer la jeune fille, alors accusée de vol et n’ayant pas ses papiers. La procureure ne doute pas du statut de prostituée de la jeune Ruby ainsi que des autres filles qui participaient aux soirées « bunga-bunga ». Se rapprochant ainsi de Berlusconi, elles souhaitaient, selon la procureure, « obtenir de l'argent facile et la possibilité d'un travail dans le monde du spectacle ». Ces jeunes femmes recevaient entre 2000 et 5000 euros en liquide pour assister à ces fêtes. L'ancien président du conseil italien est donc accusé, dans le cadre des lois visant la protection des mineurs, adoptées par le gouvernement en 2006 et 2008, d’ abus de pouvoir et d’incitation à la prostitution de mineurs. La défense se prononcera le 3 juin et le verdict est attendu au plus tôt le 24 juin.

Belgique. Sharia4Belgium recruterait encore des Belgo-marocains pour combattre en Syrie. Bien que démantelé en octobre dernier, le groupuscule extrémiste Sharia4Belgium continuerait d’enrôler et d’envoyer les jeunes belges en Syrie, révèle le dernier rapport d’Europol sur la situation du terrorisme en Europe récemment publié. Pourtant à Anvers, lieu de naissance de ce mouvement désormais considéré comme terroriste par les autorités de la ville, la police a récemment mis en place un dispositif de surveillance des jeunes. Même si l'ancien porte-parole de ce mouvement, Fouad Belkacem, est actuellement derrière les barreaux, attendant sa comparution prévue en juin prochain, les enquêteurs sont cependant convaincus que Sharia4Belgium est responsable de l'envoi de trente-trois jeunes en Syrie. A Bruxelles, Abdelwahad sombre dans la désolation et la peine. Ses deux fils, Zacharia et Ismail, âgés respectivement de 23 et 16 ans, sont récemment partis combattre aux côtés des rebelles syriens. Les jeunes garçons avaient pourtant une vie tranquille. L’ainé, étudiant en ingénierie électromécanique était un « gamin joyeux et vivant » bien intégré dans la société belge, tandis que le cadet, lycéen, avait une scolarité irréprochable, tels que les décrit leur père. Ce Marocain se dit convaincu que Sharia4Belgium est à l’origine de cette affaire. Il a fait le voyage jusqu’en Turquie où ses fils ont séjournés avant de rejoindre Alep, mais il n’a pas pu mettre la main sur eux. En l’espace de quelques semaines « dans ma commune, nous sommes passés de 9 disparitions à 17 avec suspicion de départ en Syrie », révèle à Yabiladi Ahmed El Khannouss, échevin à Molenbeek Saint Jean. En tant que politique, il préfère rester prudent concernant les recrutements par Sharia4Belgium. Toutefois, « les rapports de la police montrent que certains jeunes en fuite ont eu, à un moment ou un autre, un contact avec les membres de ce groupuscule qui ne sont pas des enfants de cœur », tient-il à préciser avant d’ajouter : « quand on connait leurs discours et les idées qu’ils défendent, c’est facile de tirer les conclusions ». Enfin, bien que plusieurs jeunes belges convertis à l'islam se soient enrôlés, les Marocains d'origine sont les plus nombreux.

Canada. Saisie d'une drogue 40 fois plus forte que l'héroïne. Certaines des substances étaient si nocives que quatre policiers qui portaient des masques ont été incommodés alors qu'ils les manipulaient. Une drogue de synthèse, quarante fois plus puissante que l'héroïne, a été saisie pour la première fois au Canada, a déclaré à la presse la police de Montréal lundi. Cette drogue vendue sous forme de comprimés était notamment composée de desmethyl fentanyl, un opiacé dangereux, a indiqué la police, qui en a saisi trois kilos. Plus de 300 000 comprimés de diverses drogues de synthèse et une tonne et demie de produits chimiques servant à en fabriquer ont aussi été confisqués lors de sept perquisitions effectuées le 25 avril dans la région de Montréal. La police, qui a démantelé un laboratoire fabriquant les comprimés, a également saisi plusieurs autres drogues, dont du cannabis, de l'ecstasy, du haschisch, ainsi que 37 armes à impulsion électrique (taser). Deux individus ont été arrêtés et demeureront incarcérés d'ici leur prochaine comparution devant la justice. Une partie de leur production était expédiée aux États-Unis. "Ces saisies majeures se démarquent par la présence de produits jamais vus par le service de police de la ville de Montréal : le desmethyl fentanyl, l'ethylcathinone et le pentedrone. Ces produits chimiques (...) peuvent être jusqu'à 40 fois plus forts que l'héroïne. Ils sont extrêmement puissants et dangereux", a précisé la police dans un communiqué. Certaines des substances étaient si nocives que quatre policiers ont été incommodés alors qu'ils les manipulaient et que l'un d'entre eux a même dû être hospitalisé en urgence avec des symptômes affectant son rythme cardiaque et sa pression artérielle, malgré le fait qu'il portait un masque. Ces drogues étaient mises sur le marché sous forme de comprimés attrayants - l'un d'eux portait le logo de Facebook - et à petit prix.

Lybie. 15 morts dans un attentat à la voiture piégée à Benghazi. Un attentat meurtrier a frappé lundi 13 mai Benghazi, berceau de la révolte ayant renversé le régime de Kadhafi, dernier épisode sanglant en Libye en proie à une insécurité croissante sur fond de crise politique. Des bilans contradictoires ont été avancés par les autorités, le vice-ministre de l'intérieur, Abdallah Massoud, évoquant "15 morts et au moins 30 blessés", tandis que le ministère de la santé a fait plus tard état de quatre morts et de six blessés. De son côté, un responsable de la direction de police à Benghazi, Tarak Al-Kharaz a affirmé à la chaîne Libya Al-Ahrar que 13 personnes étaient mortes et 41 blessées. Sur le site de l'attentat, des centaines de jeunes se sont rassemblés pour dénoncer les violences et les attentats qui secouent régulièrement leur ville, certains aidant à collecter des restes de corps déchiquetés par l'explosion dans des sacs plastique. "Benghazi, réveille-toi", scandaient les manifestants, au milieu des carcasses de voitures et des débris, reprenant le premier slogan de la révolution qui a fait tomber le régime Kadhafi en 2011. Les manifestants qui se sont dirigés par la suite vers la place de l'Hôtel Tibesti dans le centre de Benghazi réclament notamment la sécurité et la dissolution des milices armées. "Non aux milices, nous voulons une armée sous une seule bannière", ont-ils scandé. Tout de suite après l'attentat, le Congrès général national (CGN), la plus haute autorité du pays, a annoncé la tenue d'une "réunion d'urgence" avec les responsables de sécurité. De son côté, le gouvernement a dénoncé dans un communiqué "un crime odieux", et un "acte terroriste", qui a provoqué la mort d'"innocents", promettant de "faire son devoir pour arrêter les criminels et les traduire devant la justice".